Genève - L'agence israélienne affiliée à la Croix-Rouge accusée, en vertu de la Convention de Genève, de discrimination envers les Palestiniens et de leur fournir une aide médicale d'urgence insuffisante selon l’Observatoire Euro-Med pour les Droits de l’Homme.

   Magen David Adom, officiellement reconnu par le Comité international de la Croix-Rouge, donne la priorité au traitement des Israéliens blessés, tout en négligeant les Palestiniens blessés   

L'organisation israélienne Magen David Adom (MDA), officiellement reconnue par le Comité international de la Croix-Rouge, donne la priorité au traitement des Israéliens blessés, tout en négligeant les Palestiniens blessés, affirme l'ONG.

"Cette défaillance à sauver des vies palestiniennes constitue une violation flagrante de l'éthique médicale et du code de conduite auquel tous les médecins jurent fidélité », dit Ihsan Adel, conseiller juridique d’Euro-Med.

Euro-Med a obtenu des enregistrements vidéo et des témoignages qui démontrent que la négligence du personnel médical de l’agence israélienne envers les blessés palestiniens, malgré la disponibilité des équipes soignantes et du matériel nécessaire. Certains Palestiniens ont été laissés sans soin pendant plus de deux heures causant leur décès dans certains cas.

• Le 25 novembre, Mohammed Ismail Al-Shobaky, 20 ans, a tenté de poignarder un soldat israélien près de l'entrée du camp d'Al-Fawwar au sud d’Hébron. Il a été visé de plusieurs balles et laissé en train de saigner sur place. Euro-Med a eu accès à une vidéo montrant la disponibilité des ambulances israéliennes dans la région et, tandis que le personnel médical israélien a fourni une aide immédiate au soldat israélien blessé, les appels d'aide de Mohammed sont restés sans réponse jusqu'à ce qu'il meure.

• Mahmoud Talal Nazzal, 17 ans, a été visé dans la tête et le cou par des soldats israéliens le 31 octobre. Mahmoud a été accusé d'avoir tenté de poignarder un soldat au checkpoint Jalma dans le nord de Jénine. Il a saigné pendant environ 105 minutes sans qu’aucun traitement d'urgence ne lui soit procuré par le personnel médical de MDA présent dans la zone. Au lieu de cela, les soldats israéliens ont traîné son corps sur place et lui ont ôté ses vêtements. Ce n’est que lorsque qu'il a été confirmé comme mort que son cadavre a été remis au Croissant-Rouge palestinien.

• Le 25 octobre, Dania Irshid, 17 ans, a été visée par des tirs de soldats israéliens près du sanctuaire d'Abraham, même si elle avait subi deux contrôles. Pendant environ 45 minutes, elle a saigné avant de mourir sur le sol alors qu’une ambulance MDA était sur place. Par ailleurs, les ambulances palestiniennes ont été empêchées de fournir le traitement médical nécessaire.

• Le 12 octobre, Ahmed Saleh Manasra, 13 ans, a été battu avec des matraques et des tuyaux par des citoyens israéliens et des policiers. Puis, une voiture israélienne l'a renversé, lui brisant de nombreux os. Comme on peut le voir sur une cassette vidéo qui a été vérifiée par l'équipe Euro-Med, Ahmed a continué à saigner pendant au moins une heure sans recevoir aucune aide médicale d'une ambulance MDA qui se trouvait à proximité. Plus tard, il a été transféré au Centre médical Hadassah à Jérusalem, où il a été accusé d'avoir tenté de tuer un garçon juif de 13 ans.

• Le 22 septembre, des soldats israéliens ont ouvert le feu sur Hadeel Al-Hashmalon, 18 ans, après qu'elle aurait été vue avec un couteau à Hébron. Le personnel de secours palestinien a été empêché d’apporter de l’aide à la jeune fille. Quand une équipe médicale israélienne est arrivée, elle saignait déjà depuis 40 minutes. Elle est morte quelques heures plus tard.

   Cette défaillance à sauver des vies palestiniennes constitue une violation flagrante de l'éthique médicale et du code de conduite auquel tous les médecins jurent fidélité   

Ihsan Adel, conseiller juridique d’Euro-Med

Une telle discrimination dans la fourniture de soins médicaux, même dans le cas d’une tentative de crime, est interdite et illégale en vertu de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale. L’article 5 de la Convention oblige tous les signataires à travailler pour éliminer la discrimination raciale sous toutes ses formes et à garantir le droit de chacun, sans distinction de race, de couleur ou d'origine nationale ou ethnique, à l'égalité devant la loi, y compris en ce qui concerne l'accès aux soins médicaux. De même, l'article 70 du Protocole additionnel aux Conventions de Genève énonce que les efforts de secours doivent être fournis à toutes les personnes qui en ont besoin, sans discrimination aucune.

Euro-Med exhorte l’agence Magen David Adom à ouvrir immédiatement une enquête sur les raisons pour lesquelles son personnel ne fournit pas l'aide médicale nécessaire aux victimes palestiniennes et de prendre les éventuelles sanctions qui en résultent.