Genève- La demande faite par le premier ministre hongrois Viktor Orban de faire couler les navires transportant des réfugiés musulmans et d'aider les chrétiens avant les musulmans est scandaleusement raciste et discriminatoire et menace la protection des droits de l’Homme déjà attaqués à travers le continent, déclare l'Observatoire euro-méditerranéen des droits de l’Homme.

   Un tel langage inflammatoire par le premier ministre Orban et autres va sûrement être utilisé pour justifier des violations des droits de l’Homme des demandeurs d'asile en Hongrie et à travers l’Europe   

Ihsan Adel, conseiller juridique de l’Observatoire Euro-Med

Les déclarations au vitriol d’Orban sont arrivées au milieu d'une forte augmentation du nombre de bateaux qui tentent le dangereux périple à travers la Méditerranée. On estime cette année qu’un demandeur d'asile meurt toutes les deux heures. En outre, le nombre de réfugiés disparus dépasse maintenant les 3 200. A ce jour, près de 297 000 migrants et réfugiés ont atteint l'Europe cette année.

Pendant ce temps, la Hongrie poursuit une politique hostile à l'égard des réfugiés en adoptant de nouvelles procédures pour faire face à ceux qui tentent d'entrer dans le pays via la Serbie. Elle a érigé une clôture grillagée de 100 miles le long de sa frontière avec la Serbie pour empêcher l'entrée et la police hongroise utilise des gaz lacrymogènes, des canons à eau et d'autres tactiques violentes pour contrôler les demandeurs d'asile qui tentent d'entrer malgré tout.

Pendant le seul mois de juin, près de 550 demandeurs d'asile, dont 200 enfants et 160 femmes, se sont vus refuser des soins de base élémentaires tels que le logement et la nourriture en dehors des points de passage à Tomba et Rossk. Revendiquant des mauvaises intentions de la part des réfugiés, les autorités hongroises ont également refusé d'accepter les 160 000 réfugiés syriens qui sont le quota du pays dans le cadre du plan de l'Union européenne pour la répartition équitable de la charge entre les pays européens.

La Hongrie est le deuxième point d'entrée le plus courant en Europe pour les réfugiés (après l'Italie) et l’Observatoire Euro-Med  avertit que les responsables gouvernementaux tels que Orban ne doivent pas attiser le débat faisant déjà rage et mal informé.

“Un tel langage inflammatoire par le premier ministre Orban et autres va sûrement être utilisé pour justifier des violations des droits de l’Homme des demandeurs d'asile en Hongrie et à travers l’Europe ”, déclare Ihsan Adel, conseiller juridique de l’Observatoire Euro-Med. “Euro-Med invite les responsables de l'UE à dénoncer un tel dénigrement des réfugiés et des migrants. ”