Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a mis en garde contre les mesures que l'Italie entend prendre envers les demandeurs d'asile et les migrants venant de la Libye vers l'UE, considérant que cela constitue un acte immoral et irresponsable en violation du Droit International.

 

   Le travail de la mission ne différenciera pas un demandeur d'asile et un immigré, car son travail et sa nature sont principalement sécurisés et ne pourront pas examiner chaque cas séparément   

Ihsan Adel, le Conseiller juridique pour les migrations à l'Observatoire Euro-Med

L'Observatoire a déclaré dans un communiqué de presse que le gouvernement italien a récemment annoncé son intention d'envoyer des forces navales en Libye pour contribuer à réduire le flux d'immigration clandestine, après l'approbation du Parlement italien sur l'accord signé entre la Rome et le gouvernement de réconciliation nationale libyenne. L'accord prévoit l'envoi d'une mission militaire navale comprenant des navires italiens dans les eaux territoriales libyennes pour soutenir la garde côtière locale et limiter l'immigration illégale et les contrebandiers humains.

Euro-Med a souligné que cet accord, bien qu'elle semble légitime et vise à faire face aux trafiquants d'êtres humains, celle-ci affectera directement les demandeurs d'asile qui ont l'intention d'échapper aux persécutions, aux abus et aux effets du conflit armé en Libye leur entravant l'accès aux pays européens en demandant l'asile et la protection. Les nouvelles mesures italiennes renonceront la responsabilité de l'Italie tout en l'exportant à un pays déchiré par le conflit où les civils font face à des abus horribles.

Ihsan Adel, le Conseiller juridique pour les migrations à l'Observatoire Euro-Med, a déclaré que :" le travail de cette mission ne différenciera pas un demandeur d'asile et un immigré, car son travail et sa nature sont principalement sécurisés et ne pourront pas examiner chaque cas séparément et dans une telle situation les demandeurs d'asile seront les premières victimes." il a aussi ajouté que :" le problème est que l'Italie et les autres pays européens n'ont pas appris que les demandeurs d'asile ne cesseront jamais de recourir à de nouvelles astuces pour échapper aux mauvaises conditions de leur pays, par conséquent, nous devrions nous attendre à une augmentation du nombre des personnes qui se noient et des violations croissantes des droits des demandeurs d'asile et des migrants"

Dans le même contexte, Euro-Med a noté que le nombre des migrants et des demandeurs d'asile arrivés en Europe par la Méditerranée, au premier semestre 2017, était estimé de 101 210 immigrants, dont 2247 ont été noyés. L'Italie avait hébergé plus de 85 000 migrants et demandeurs d'asile, au cours de la même période, et que la plupart d'entre eux venaient de l'Afrique après avoir navigué les rives de la Libye.

L'observatoire a souligné que les nouvelles politiques de l'UE versent tous leurs efforts pour empêcher l'arrivée des demandeurs d'asile et des migrants en Europe, en coopérant avec la Garde côtière libyenne afin d'empêcher la traversée des bateaux et la détention des migrants, en dépit de la distinction entre les motifs et la connaissance de l'UE que les migrants détenus en Libye, pour de longues durées et dans les centres dépourvus des nécessités de la vie et violant les valeurs humaines, sont des personnes qui ont fui leur pays en raison des conflits armés ou de la pauvreté.

Il a également estimé que la prévention des bateaux transportant des demandeurs d'asile et des migrants,  les procédures de rapatriement dans leur pays, qu'ils ont fui en raison des circonstances pénibles, ou la coopération avec les autorités libyennes pour les détenir dans des centres inhumains, ou encore la législation de tels actes des accords bilatéraux, reflète l'évasion européenne envers les lois, les conventions internationales et les obligations des pays de l'UE relatives à la question des migrants et des demandeurs de protection, et fait des pays de l'UE un élément-clé de l'apparition de plus de victimes par noyade dans la mer et plus de violations sur la frontière et à l'intérieur de la Libye.

L'Observatoire européen des droits de l'homme a déclaré que tout accord signé avec les autorités libyennes ne peut être considéré comme similaire à l'accord de l'UE avec la Turquie, où la Turquie continue de permettre aux rapporteurs et aux commissions des droits de l'homme de visiter les camps de réfugiés sur ses territoires et qui leur garantit au minimum une vie humaine, contrairement à l'atmosphère de conflit et de violence et à la prévalence des violations des droits de l'homme en Libye.

Euro-Med a noté que les lois de l'UE interdisent aux pays de l'Union d'envoyer toute personne à tout endroit où il pourrait faire face à un danger réel, en vertu du principe de non-refoulement. Le droit international coutumier interdit également l'expulsion ou le renvoi des réfugiés à des conditions menaçant leur vie et leur liberté.

En conclusion, l'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a demandé à l'Union européenne de faire plus d'efforts pour respecter les droits des migrants et des réfugiés étant donné qu'elle est la destination des demandeurs d'asile et des migrants, de chercher des moyens plus sécurisés pour leur arrivée et de partager le fardeau des réfugiés avec d'autres pays en donnant la priorité aux Droits de l'Homme.