Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen des droits de l'homme a publié aujourd'hui un rapport sur la réalité du déplacement et des conditions humanitaires épouvantables des réfugiés palestiniens en Syrie après sept ans de guerre en Syrie. Les régions couvertes par le rapport comprennent l'Europe, la Turquie ainsi que les pays arabes voisins tels que le Liban, la Jordanie, l'Égypte et Gaza.

Euro-Med a souligné que des statistiques officielles publiées par l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) montrent qu'au moins 120 mille réfugiés palestiniens ont quitté leurs camps en Syrie et ont migré vers les pays voisins ou vers des pays européens.  Cependant, les estimations disponibles tendent à être plus élevées que cela, et atteignent environ 160 mille. 

   Le nombre de réfugiés palestiniens en Syrie est d'environ 32 500 réfugiés, jusqu'à la fin de 2017, avec près de 90% d'entre eux vivant en dessous du seuil de pauvreté   

 

Dans son rapport, intitulé "Les Palestiniens de Syrie... des migrations renouvelées: La réalité du déplacement et des conditions humanitaires épouvantables des réfugiés palestiniens en diaspora en Syrie", Euro-Med a expliqué que la situation des déplacements et des migrations successives a l'ombre du siège économique, a poussé des dizaines de milliers de réfugiés palestiniens en Syrie à quitter le pays et de se diriger vers un endroit peut être plus sûr, surtout que le nombre de victimes des réfugiés palestiniens en Syrie a dépassé plus de 3.600 réfugiés, sur le nombre total de526 milliers de réfugiés.

Au Liban, selon les estimations de l'UNRWA, le nombre de réfugiés palestiniens en Syrie est d'environ 32 500 réfugiés, jusqu'à la fin de 2017, avec près de 90% d'entre eux vivant en dessous du seuil de pauvreté, tandis que 95% souffrent d'insécurité alimentaire.

Dans son rapport, Euro-Med a souligné que les réfugiés palestiniens venant de Syrie au Liban souffrent de l'absence du statut juridique reconnaissant leur statut, les privant de leur résidence légale, ce qui a créé une peur constante e la déportation et souffrent d'instabilité et d'insécurité en raison des restrictions de mouvement. Les autorités libanaises ont traité les réfugiés syriens de «touristes», les privant de leur résidence légale, de la protection nécessaire et de la sécurité que leur garantit le statut de réfugié.

Les réfugiés palestiniens syriens au Liban se sont également plaints que l'aide financière de l'UNRWA - qui est limitée à 100 dollars par mois et 27 dollars par personne pour les dépenses alimentaires par habitant - ne peut couvrir qu'une fraction de leur coût de la vie.

En Jordanie, le nombre de réfugiés palestiniens en provenance de Syrie compte environ 16 776 personnes, constituant 4 047 familles, dont 41% d'enfants. En 2013, le gouvernement jordanien a interdit aux Palestiniens fuyant le conflit syrien d'entrer sur son territoire. Cela a conduit à la déportation forcée de centaines de Palestiniens-Syriens dans le pays déchiré par la guerre. Alors que la Jordanie traite les réfugiés palestiniens de Syrie d'une manière extrêmement partiale, la Jordanie continue d'ouvrir ses frontières aux réfugiés syriens qui ont fui pour les mêmes raisons.

80% des réfugiés en Jordanie dépendent des aides financières et matérielles de l'UNRWA, 40 dollars par mois pour habitant. Le retard de l'UNRWA à fournir de l'aide a provoqué une grave crise humanitaire pour certains réfugiés, notamment en raison des taux élevés de chômage et de l'augmentation du coût de la vie.

En Turquie, le nombre de réfugiés palestiniens en provenance de Syrie est estimé de 8 000 réfugiés, avec la plupart d'entre eux situés dans les provinces du sud de la Turquie. Les réfugiés palestiniens en Turquie vivent dans des conditions difficiles en raison de difficultés de l'accès au marché du travail. La grande majorité d'entre eux dépend de l'aide de divers organismes de secours.

Euro-Med a souligné que le gouvernement turc n'autorise pas les réfugiés palestiniens à obtenir la résidence légale pour prolonger leur séjour et faciliter leurs transactions, où l'expression «document de voyage palestinien» n'est pas incluse dans le système juridique turc, et les Palestiniens de Syrie ne sont pas traités comme des Syriens, comme ça ils restent sans aucun statut légal reconnu par le gouvernement turc.

En Égypte, Euro-Med a marqué dans son rapport que les autorités égyptiennes exercent une grande pression sur les Palestiniens détenteurs de documents syriens, en vue qu'ils ne sont pas traités de la même manière que les réfugiés syriens, et d'autre part l'UNRWA refuse l'intervention pour les aider, au motif qu'ils ne souhaitaient pas établir de camps palestiniens sur son territoire, soulignant que le HCR ne les enregistre pas et ne leur fournit pas d'aide. 

   80% des réfugiés en Jordanie dépendent des aides financières et matérielles de l'UNRWA   

Le réfugié palestinien de Syrie (dont les initiales H. B.) a déclaré à l'équipe d'Euro-Med: "nous avons eu des difficultés à obtenir des permis de séjour renouvelés tous les six mois si l'on a un passeport palestinien. Dans le cas contraire, un permis de séjour peut être obtenu via la carte jaune de l'ONU. En attendant, les procédures de renouvellement sont souvent entravées intentionnellement par les autorités afin que nous payions des amendes de retard ". 

En matière d'éducation, H. B a dit: «nous avons d'abord été autorisés à rejoindre les écoles publiques, mais nous ne pouvons pas le faire même pour l'enseignement primaire et secondaire. Ainsi, nous sommes seulement autorisés à inscrire nos enfants dans une école privée où les frais sont élevés."

Dans la bande de Gaza, les statistiques du ministère des Affaires sociales montrent qu'environ 1 000 réfugiés palestiniens ont fui la Syrie. Plus tôt en 2013, 220 familles ont été enregistrées, mais en raison de la situation humanitaire difficilement supportable dans la bande, des douzaines d'entre elles se sont rendues en Libye et en Égypte avec l'intention de déménager en Europe.

L'Observatoire a rapporté que les réfugiés palestiniens et syriens dans la bande de Gaza souffrent de mauvaises conditions économiques et de vie, étant donné le manque de possibilités d'emploi, le coût élevé du loyer et le blocus de 12 ans imposé par les autorités israéliennes sur Gaza.

En raison d'un financement insuffisant, l'UNRWA ne pouvait pas fournir une aide régulière à ces familles. Selon les témoignages des réfugiés palestiniens et syriens dans la bande de Gaza, les organismes officiels et l'OLP n'ont pu fournir que quelques opportunités d'aide à court terme qui n'ont pas dépassé les 300 dollars à ce jour.

Dans une interview avec l'équipe d'Euro-Med dans les territoires palestiniens, le réfugié Nabil Abu Nahl a déclaré:" Nous recevons seulement une petite somme d'argent du ministère des Affaires sociales tous les trois mois. Ce n'est pas suffisant pour répondre aux besoins fondamentaux de ma famille. Nous n'avons pas reçu d'assurance maladie pour obtenir un traitement dans les hôpitaux publics, donc nous sommes obligés de payer intégralement ou d'obtenir un traitement simple dans une clinique de l'UNRWA ".

En Europe, le rapport d'Euro-Med a souligné les conditions de vie des réfugiés palestiniens et syriens sont similaires dans la plupart des pays européens. Dans la plupart de ces pays, les réfugiés reçoivent un logement et un salaire pour eux-mêmes et leur famille. Cependant, les réfugiés sont confrontés à de nombreux défis, y compris de longues périodes d'attente avant d'obtenir leur statut de résident, et des retards dans la réunification avec les familles. Dans certains pays, cela prend plus d'un an et demi, ce qui rend les parents dans un mauvais état psychologique. Aux problèmes de coût de la vie, et l'absence d'un représentant représentatif et le suivi de leurs problèmes et procédures.

Dans son rapport, l'Observatoire a appelé l'UNRWA et le HCR à s'acquitter rapidement de leurs devoirs envers les réfugiés palestiniens de Syrie et à les intégrer davantage dans leurs programmes.

Il a également appelé les pays auxquels les Palestiniens et les Syriens ont recours pour mettre fin aux exactions et aux pressions exercées sur les réfugiés, pour leur accorder le statut de réfugié, pour mettre fin à la menace d'expulsion ou de restrictions de mouvement et pour leur faciliter l'accès au travail, et à l'intégration dans le système éducatif.

L'Observatoire Euro-Méditerranéen a réitéré la nécessité à ce que les pays européens travaillent pour réduire les délais d'attente pour les réfugiés palestiniens de Syrie afin d'obtenir leur résidence et pour fournir des moyens sûrs aux réfugiés d'atteindre l'Europe légalement.

Pour télécharger le rapport, cliquez ici