Genève – L’intimidation fondée sur le racisme est en hausse alors que le nouveau coronavirus (COVID-19) fait rage dans le monde entier, a déclaré l’Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme dans son nouveau rapport.

Reflétant des animosités qui peuvent continuer à éroder le tissu social longtemps après la disparition de l’infection, des rapports font état de personnes faisant l’objet de discrimination et de crimes haineux en raison de leur origine ethnique, dans le cas de la Chine, ou le statut d’infection.

Par exemple, des activistes et des influenceurs des réseaux sociaux ont « révélé » des personnes qui ont été testées positives pour le virus, ou même seulement celles qui sont soupçonnées d’être infectées. Parfois, les divulgations sont non intentionnelles, mais le résultat est souvent le même : stigmatisation et discrimination que d’autres cherchent à éviter, cela s’étend aussi aux membres de leur famille et, parfois, les victimes se sentent considérer comme des criminels.

D’autres cas de mauvais traitements se sont concentrés sur les travailleurs migrants et les voyageurs chinois, car le virus a fait irruption en Chine à la fin de l’année dernière et s’est propagé à travers les voyageurs. Les travailleurs migrants en général sont parmi les plus vulnérables au racisme, souvent marginalisés comme « intrus »

Dans son rapport, Euro-Med décrit les politiques que certains gouvernements mettent en œuvre pour sanctionner l’intimidation, la xénophobie et les crimes haineux liés à la pandémie du coronavirus.

Cependant, de nombreux autres gouvernements n’utilisent pas les outils juridiques disponibles pour mettre fin à l’intimidation et aux discours racistes. Le rapport passe en revue les cas les plus marquants, y compris les violations des droits des travailleurs, dans des pays comme la France,  la Jordanie, les Émirats arabes unis et Israël.

Une grande partie de l’intimidation est causée par un manque d’information factuelle sur le virus, les personnes qu’il infecte et l’éventail des conséquences. Par exemple, de nombreuses personnes exagèrent le taux de mortalité. La discrimination qui en résulte peut amener les personnes qui présentent des symptômes de la maladie à éviter de demander de l'aide, ce qui propage davantage l'infection.

Pendant la pandémie, il est essentiel que les gouvernements et les citoyens fassent la distinction entre la liberté d’opinion et d’expression, les abus et la violation de la vie privée. Euro-Med demande dans son rapport une intensification des campagnes de sensibilisation pour informer le public sur les faits du COVID-19 et mettre en garde contre l’intimidation et la victimisation. Les ONG peuvent jouer un rôle bénéfique, mais les gouvernements doivent également intervenir.

Le rapport conclut que les campagnes de lutte contre l’intimidation ne doivent pas se limiter aux écoles et aux enfants; l’intimidation est un problème qui touche tous les segments de la société.