L’Observatoire Euro-Med condamne fermement les décisions d’exécution émis contre 109 Yéménites par le tribunal du mouvement Al Houthi, basé à Sanaa, utilisant la juridiction pour gagner des scores politiques.

Lors d’un communiqué de presse, Euro-Med a exprimé sa préoccupation par la décision du tribunal fédéral de Sanaa, au Yémen, d’exécuter 109 Yéménites par contumace et de confisquer tous leurs biens à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Les 109 Yéménites ont été accusés de ce que la cour a qualifié de « coopération illégale avec un pays ennemi  étranger».

Alors qu’Euro-Med n’a pas pu obtenir les noms des détenus, l’agence de presse Saba, alliée au mouvement houthi, a signalé que les détenus sont des fonctionnaires civils et militaires du gouvernement yéménite.

« Le jour où cette décision a été rendue, un tribunal militaire yéménite — reconnu internationalement — a également décidé d’exécuter cinq membres houthis accusés d’avoir mené des assassinats et des attaques contre l’armée. »

Les Houthis ont une longue histoire de confiscation de biens appartenant à des personnalités civiles, politiques et militaires, alliées au gouvernement yéménite. Les tribunaux alliés aux Houthis nomment un officier pour gérer les fonds et les biens saisis, et contrôler et saisir de force les maisons des opposants politiques, a rapporté Euro-Med.

Le mouvement Al Houthi utilise la juridiction pour obtenir des scores politiques en condamnant ses opposants avec des accusations différentes telles que « coopération avec les ennemis » et « usurpation d’identité », affirmant que les personnes jugées par le tribunal se font passer pour des personnalités officielles comme si Al Houthi était l’autorité légitime.

Euro-Med a noté que le jour même où ce tribunal houthis a rendu la décision, un autre tribunal du gouvernement yéménite a décidé d’exécuter 5 Houthis, ce qui soulève des inquiétudes quant au fait que des parties en conflit pourraient saper la vie des Yéménites par leurs décisions d’exécution réciproque et menacer de tuer les Yéménites comme outil de chantage et de vengeance.

Alors que les tribunaux, alliés aux Houthis, ont rendu plus de 100 décisions d’exécution depuis 2015, ils ont rendu 109 décisions mardi seulement, ce qui dénote une atteinte à la justice et suggère un mépris délibéré des appels à neutraliser la compétence en matière de rivalité politique.

« Selon le Conseil judiciaire suprême du Yémen, les tribunaux alliés aux Houthis ont perdu leur statut juridique. Par conséquent, la jurisprudence de ces tribunaux ne peut pas être légalement considérée comme étant illégale. Leur jurisprudence constitue une violation claire d’un procès équitable. Ces décisions sont considérées comme des crimes dans le dossier de ceux qui les ont rendues, notant que ceux qui rendent de telles décisions se font passer pour des juges, des membres du parquet et d’autres, ajoutant que de tels actes signifient participer à l’obtention de résultats politiques,» a déclaré Mohammad Imad, conseiller juridique d’Euro-Med.

 

Euro-Med exprime son rejet de la peine capitale car elle prive les condamnes de la vie, qui est le droit le plus fondamental pour une personne, une peine qui ne peut jamais être annulée. Les sanctions visent à réduire les actes de violence, et non l’inverse.

Le système judiciaire contrôlé par Al Houthi est un outil politique de vengeance que le groupe utilise contre ses opposants. Il convient de mentionner que ces systèmes judiciaires sont gérés par des comités révolutionnaires, qui contrôlent tous les services opérationnels, les organisations et le système judiciaire de Sanaa. Cela constitue une violation flagrante de l’intégrité de l’autorité judiciaire, et révèle que le seul objectif des Houthis est de se venger de leurs adversaires.

Euro-Med appelle la communauté internationale, y compris les Nations unies et le Conseil de sécurité, à intervenir immédiatement pour protéger les Yéménites, à mettre fin aux actes de violence susceptibles de détruire les efforts de paix, à faire pression sur Al Houthi pour libérer les personnes enlevées, mettre fin aux simulacres de procès et assurer la protection des biens personnels des civils conformément au droit international humanitaire et à la Constitution yéménite.