L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme condamne le bombardement d'artillerie qui a visé l'hôpital Al-Shifa et d'autres sites civils dans la ville d'Afrin, au nord de la Syrie, tuant au moins 15 personnes et en blessant des dizaines d'autres.

 

Selon les rapports recueillis par Euro-Med Monitor, vers 18 heures le samedi 12 juin, un obus d'artillerie est tombé sur une zone résidentielle à Afrin, suivi de peu par un autre qui a directement visé l'hôpital Al-Shifa. L'attaque a tué et blessé au moins 15 personnes, dont des femmes et plusieurs cadres médicaux et de la défense civile.

L'Observatoire Euro-Méditerranéen ne peut identifier les responsables de ce crime horrible. Son équipe continue d'analyser les informations provenant du site de l'incident, en particulier avec la présence de zones contrôlées se chevauchant pour les parties au conflit où l'attaque aurait été lancée.

 

Euro-Med Monitor souligne la nécessité d'ouvrir une enquête immédiate et indépendante sur les circonstances de l'incident. Par ailleurs, Euro-Med Monitor appelle toutes les parties, en particulier les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), les forces du régime syrien et les factions de l'opposition armée, à révéler toutes les informations relatives à l'incident et à participer à l'identification des responsables de l'attaque et à les traduire en justice.

 

Compte tenu du rythme élevé des violations flagrantes des droits de l'homme en Syrie ces derniers temps, Euro-Med appelle les Nations Unies et ses différents organes, en particulier le Conseil de sécurité, à mettre fin à l'impasse, à appliquer les résolutions, à demander des comptes aux auteurs et à mettre fin aux attaques contre les civils et les biens.

 

Cibler des objets civils, y compris les hôpitaux et les installations médicales, est une violation claire du droit international humanitaire et peut constituer un crime de guerre selon le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

 

Euro-Med Monitor insiste sur le fait que toutes les parties au conflit s'engagent à neutraliser les civils lors des opérations militaires, à s'abstenir de cibler les quartiers résidentiels et les installations civiles quelles que soient les circonstances, et à établir des mécanismes de responsabilité efficaces pour garantir que de tels incidents ne se reproduisent jamais.