Depuis l'annonce officielle, le 13 septembre 2017, de l'organisation des Jeux olympiques d'été de 2024 à Paris, le gouvernement français coordonne un effort massif pour transformer la Ville Lumière pour accueillir les foules olympiques. Le gouvernement s'appuie toutefois sur des solutions médiocres pour résoudre les problèmes d'infrastructure. Au lieu de construire une douzaine de stades flambant neufs, les responsables ont choisi de dépendre de structures temporaires ou vieillissantes pour les sites restants.

L'atmosphère festive qui a envahi Paris depuis l'annonce de l'événement a probablement contribué à la détresse des personnes confrontées à l'injustice, notamment la population déjà vulnérable des travailleurs migrants, dont les droits ont été violés à plusieurs reprises par les autorités françaises.

En février, lors d'une visite de l'énorme chantier du village olympique en Seine-Saint-Denis, où travaillent plus de 3 000 personnes, les responsables de l'entreprise chargée de livrer l'infrastructure ont proclamé avec fierté : "La sérénité qui règne sur ce site est le résultat d'une ambition sociale fortement affirmée, celle de réaliser un chantier exemplaire en matière d'approche caritative". Pourtant, d'après les rapports de L'Équipe, la situation des droits de l'homme des ouvriers sur ce site spécifique est sombre. Pour les travailleurs migrants qui construisent ce chantier de 300 000 mètres carrés, les perspectives ne sont pas optimistes.

Récemment, une controverse est apparue concernant des rapports de violations des droits de l'homme commises à l'encontre de travailleurs migrants sur le site de construction, dont 12 sont maliens. Les travailleurs ont fait état de nombreuses violations de leurs droits en vertu du droit international.

Les accusations des migrants ont fait l'objet d'une enquête afin de recueillir des informations. L'enquête a permis d'obtenir plusieurs documents - contrats, fiches de paie, transactions bancaires et films - qui ont ensuite été remis aux autorités. Incroyablement, l'un des employés migrants a révélé aux autorités françaises que les travailleurs illégaux ont pour instruction de se cacher dans les cuisines afin de ne pas être découverts lors de la visite des inspecteurs. L'un des migrants, Haroun, a choisi de s'exprimer publiquement cette fois-ci :

" J'ai été informé qu'il y aurait des inspections. Lorsque des inspecteurs [sont présents], nous sommes toujours prévenus à l'avance. En général, on nous demande de visiter un bar et de revenir plus tard ou de ne pas révéler notre identité si on nous interroge. Cependant, j'ai refusé de partir cette fois-ci, et j'ai tout expliqué à l'agent d'inspection".

   Incroyablement, l'un des employés migrants a révélé aux autorités françaises que les travailleurs illégaux ont pour instruction de se cacher dans la cuisine afin de ne pas être découverts lors de la visite des inspecteurs   

Après avoir mené une enquête approfondie, les syndicalistes de la CGT ont découvert une "situation choquante" par le biais d'une "enquête très poussée." Ainsi, il a été découvert qu'un seul sponsor prétendait employer un groupe de ces travailleurs, alors qu'ils étaient en réalité employés par plusieurs entreprises (une quinzaine au total).

Haroun a participé à la construction de la ville pour les athlètes olympiques. Dans son témoignage, il a raconté que pendant l'une de ses journées de travail en février, une dalle de béton est tombée sur son visage, lui causant de graves blessures. "À ma demande, un responsable m'a amené dans un bureau où j'ai reçu les premiers soins", a déclaré Haroun.

"C'est tout. De 14 heures à 15 heures. En raison de la douleur et de la confusion, je n'ai pas pu reprendre mon travail". On lui a dit qu'il ne pouvait pas appeler l'hôpital une fois rentré chez lui ; cette nuit-là, cependant, il s'est rendu à l'hôpital. "Alors que j'aurais dû dormir le lendemain, j'ai dû reprendre le travail", a-t-il déclaré. "Cependant, je ne pouvais pas me permettre de ne pas [travailler]".

"Cela semblait périlleux", a déclaré Haroun : "Nous avons appris à faire fonctionner des nacelles sans licence. On nous a récemment conseillé d'accélérer notre rythme car nous avions pris du retard. En conséquence, nous avons souvent travaillé jusqu'à 20 heures au lieu de 17 heures pendant des semaines, sans compensation. Nous ne pouvons pas vous payer. Vous êtes dans le pétrin. Acceptez-le", [était le message qui nous était communiqué]".

Malgré la célèbre devise "Liberté, égalité, fraternité" exprimée dans la Déclaration française des droits de l'homme et la Constitution française, l'égalité sociale et économique n'existe pas en France et la discrimination est devenue un réel problème. Le Parlement français adopte presque chaque année de nouvelles lois pour promouvoir l'égalité sur le lieu de travail ; ces nouvelles règles sont influencées par la législation européenne et internationale applicable en dehors de la France. Pourtant, la question des retraites continue de préoccuper les travailleurs. La situation est devenue violente lors de la dernière Fête internationale du travail, le 1er mai. Une cinquantaine de manifestants ont été blessés lors d'affrontements avec la police de la capitale.

"Il est important de montrer à Macron et à l'ensemble du monde politique que nous sommes prêts à défendre nos droits sociaux", a déclaré le manifestant Joshua Antunes, 19 ans. La situation n'aurait pas été exacerbée si l'administration française avait réglé les questions de retraite par des politiques favorables aux travailleurs.

Après avoir pris en compte toutes les situations épouvantables auxquelles sont confrontés les travailleurs migrants en France à l'approche des Jeux olympiques de Paris 2024, le gouvernement français doit de toute urgence définir des politiques concrètes pour garantir les droits humains des travailleurs migrants. Le statut social de ces travailleurs doit être amélioré en leur donnant accès à la justice et en inculquant à la société des valeurs de respect et d'égalité. Il convient de mettre en œuvre des politiques spéciales qui augmentent les salaires minimums des travailleurs et s'appuient sur des lois de protection des salaires.

En outre, les entreprises et les entrepreneurs devraient procéder à des réformes du travail en tenant compte des directives de l'Organisation internationale du travail (OIT), de la Déclaration des droits de l'homme des Nations unies et de Human Rights Watch (HRW). L'adoption rapide de ces réformes sera bénéfique pour tous - travailleurs, athlètes et spectateurs, au niveau local et mondial - et permettra à la France d'accueillir les Jeux olympiques de 2024 sans interruption à Paris.