La crise humanitaire qui menace près de 20,000 civils, dont plus de 3,500 enfants dans le camp de réfugiés palestiniens, Yarmouk, a atteint un niveau sans précédent, a alerté l’Observatoire Euro-Mid pour les Droits de l’Homme. La situation s’est exacerbée avec la prise de contrôle par l’Etat islamique d’une grande partie du camp le mercredi 27 avril 2015, conduisant à de violents affrontements qui ont fait 12 victimes jusqu’à ce jour.

Un siège insoutenable était déjà imposé par les forces du régime syrien sur le camp depuis 2013. Les résidents du camp, particulièrement ceux vivant dans les environs de la mosquée Palestine et de la rue Safad, subissent des bombardements continus depuis quatre jours, provoquant la destruction de dizaines de bâtiments et empêchant les victimes d’atteindre les hôpitaux.

Alors que la partie nord du camp demeure sous le contrôle des forces du régime syrien et du Front populaire de Libération de la Palestine- Commandement Général (PFLP-GC), de violents affrontements ont éclaté entre les combattants de l’Etat islamique, soutenus par des combattants du Front Al Nosra, et des militants locaux qui ont tenté d’empêcher la progression de l’Etat islamique, qui contrôlait déjà près de 80% du camp.

Depuis le 1er avril, on dénombre 12 victimes du camp de réfugiés: deux personnes décapitées, trois autres tuées par les bombardements de l’Etat islamique (Jamal Khalifa, Abdullatif Al-Rimawi, Muhammed Saleh), un réfugié tué par un sniper de l’Etat islamique, un autre par un bombardement des forces du régime syrien (Rodwan Al-Ahemd), et cinq autres tués lors des affrontements (Majed Al-Umri, Adbullah Hassan Abdullah, Omar Al-Khattab, Alaa’ Derbas, Adbullah Maher Salem). Les victimes de l’Etat islamique sont au nombre de 40 selon les sources.

Des dizaines de jeunes sont détenus par l’Etat islamique, dont 80 dans le quartier d’Arouba et dans la rue Madares, où trois jeunes filles et des humanitaires ont été enlevés.

La situation humanitaire dans le camp de réfugié Yarmouk est catastrophique. Il y a des graves pénuries de services médicaux, de nourriture et d’eau et « des dizaines de personnes ont été déplacées », a expliqué Ihsan Adel, directeur juridique d’Euro-Mid. « L’hôpital Palestine, où des dizaines de blessés avaient été conduits sans pouvoir y être soignés, a été pris pour cible et est actuellement sous le contrôle de l’Etat islamique. Un membre du personnel médical a été blessé après avoir été visé par un sniper de l’Etat islamique alors qu’il tentait de sauver une victime.

L’Observatoire Euro-Mid pour les droits de l’Homme appelle L'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) et le Comité international de la croix Rouge (CICR) à plaider pour la mise en place de corridors humanitaires afin de permettre un passage aux populations civiles et aux blessés. L’Union européenne doit exiger du régime syrien la protection des résidents du camp et la levée du siège.