Un nombre croissant d’hommes d’affaires palestiniens ont été détenus après avoir été arrêtés alors qu’ils tentaient d’entrer en Israël par le point de passage d’Erez pour des séjours de routines, rapporte l’Observatoire Euro-Mid pour les droits de l’Homme. Ce nombre croissant d’hommes d’affaires détenus tandis qu’ils tentaient d’entrer en Israël a atteint 37 cas au premier trimestre 2015 contre un seul cas pour la même période l’année dernière.

Alors que la plupart des hommes d’affaires ont été libérés, explique l’organisation dont le siège est basé à Genève, 12 sont toujours en détention au moment de la publication du rapport.

« Ces incidents donnent lieu à des interrogations quant aux réelles intentions des autorités israéliennes », affirme Ihsan Adel, le conseiller juridique d'Euro-Mid. « Les détentions fréquentes sont de graves pressions et les interminables retards empêchent les Palestiniens d’arriver à leur rendez-vous et réunions. Malgré leur déclarations affirmant le contraire, on se demande si le gouvernement israélien n’essaye pas délibérément de saper l’économie de Gaza.

Par exemple, la plupart des détenus sont des marchants de produits importés qui sont nécessaires pour les besoins quotidiens des familles gazaouis.

Selon les enquêteurs d’Euro-Mid, le motif communément utilisé par les autorités israéliennes pour détenir les hommes d’affaires palestiniens est de les accuser de vendre des produits « multi-usage » qui pourraient être ensuite utilisés par des prétendus « groupes hostiles » pour reconstituer leur moyens de résistance à Gaza. Par exemple, le ciment peut être utilisé pour les maisons et les entreprises ou pour fortifier les bunkers, cette dernière fonction étant celle retenue par les autorités israéliennes. Toutes les importations à Gaza font l’objet d’un stricte contrôle israélien, durant lequel toutes les marchandises importées sont méticuleusement examinées. Ces marchandises étaient auparavant importées à Gaza depuis l’Egypte via les tunnels souterrains avant que les forces de sécurité égyptiennes ne les détruisent, faisant du point de passage israélien l’unique alternative. Le check point d’Erez est aujourd’hui le seul passage par lequel les entrepreneurs palestiniens peuvent voyager, le check point de Kerem Shalom étant réservé uniquement au transit de marchandises.

Les questions des autorités israéliennes portent exclusivement sur les fonctions occupées par les personnes interrogées, les raisons de leur voyage, la nature de leurs activités et relations sociale et politiques. L’enquête d’Euro-Mid a également constaté que les agents de renseignement israéliens tentent souvent de forcer les entrepreneurs à divulguer des informations supposées sur des groupes armés à Gaza. S’ils refusent de coopérer, ils sont privés de leur permis d’entrée. Pendant tout le processus d’interrogatoire, les victimes sont humiliées et maltraitées, en plus d’être insultées et menottées.

Malheureusement, les hommes d’affaires ne sont pas les seules victimes de cette pratique. Les autorités israéliennes restreignent délibérément l’accès du check point d’Erez à chaque palestinien, alors qu’il s’agit du seul point de passage pour les personnes, marchants, étudiants, malades ou autres. Le résultat de cette pratique est que seulement 5% des Palestiniens de Gaza sont autorisés à passer le check point.

Le rapport dénonce le nombre important d’abus et de violations de la liberté de mouvement, garantie par de nombreuses conventions signées par Israël. « Il n’y aucune raison de sanctionner les hommes d’affaires palestiniens, ou toute autre personne, pour le seul fait de vouloir gagner leur vie et soutenir leur familles et les habitants de Gaza », déclare Adel.