La décision du Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, de ne pas suivre la recommandation de son envoyée spéciale et de ne pas inscrire Israël sur la liste des Etats et des groupes armés qui violent les droits des enfants pendant les conflits est un échec de la justice, affirme l’Observatoire Euro-méditerranéen pour les droits de l'Homme.


L'envoyée spéciale de l'ONU pour les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui, avait inclus à la fois l'armée israélienne et le Hamas dans un projet de rapport qu'elle avait transmis au Secrétaire général Ban Ki-Moon. Toutefois, Ban Ki-Moon a retiré cette proposition en se contentant de déclarer simplement que « l'ampleur sans précédent et inacceptable de l'impact sur les enfants en 2014 soulève de graves préoccupations quant au respect par Israël du droit international humanitaire ».


« Les déclarations fermes ne sont pas suffisantes », a réagi Ramy Abdu, président de l’Observatoire Euro-Med. « Des décennies de déclarations fermes n’ont pas donné lieu à un changement de comportement, et il est temps pour Israël de rendre des comptes avec des actions tangibles. 530 enfants palestiniens ont été tués en 50 jours à l'été 2014. 3.300 autres ont été blessés ; un tiers d’entre eux vont souffrir de handicaps à vie. D'autres encore ont perdu mère, père, frères et sœurs. S’il n'y a pas de prix à payer, alors qu’est ce qui pourra faire  réfléchir le gouvernement israélien à deux fois avant de lancer une attaque similaire à l'avenir ? »

Un peu plus tôt, le Conseil de sécurité des Nations unies avait adopté une résolution exigeant que tout Etat qui menace ou lance des attaques contre les écoles et les hôpitaux devait être systématiquement blacklisté. Israël est sans aucun doute concerné par cette résolution : sept bombardements contre des installations de l'UNRWA dans la bande de Gaza ont été documentés entre le 21 juillet et le 3 août 2014. Tirs d’artillerie ou de mortier et frappes aériennes ont été lancés sur ou près d’installations de l'UNRWA, qui avaient été utilisés comme abris pour les Palestiniens déplacés. En conséquence, au moins 44 civils, dont 10 membres du personnel des Nations Unies, sont morts. On estime que 200 000 personnes (10% de la population de Gaza) ont trouvé refuge dans les écoles de l'UNRWA.

 « Inscrire Israël dans la liste de la honte pour ces crimes flagrants contre les enfants et les familles reviendrait enfin à envoyer un message, à Israël et aux Palestiniens, que la primauté du droit et de la justice a réellement un sens », explique Ramy Abdu. « Inscrire Israël sur cette liste enverrait également un sérieux avertissement au gouvernement israélien et à d'autres auteurs de violations des droits humains que le droit international peut mordre. »